Il faut revenir aux classiques, et les recopier!

Avancée de mon dernier roman

La monnaie du pape.

Journée grise. Le brouillard recouvre les environs en de vastes nappes de bruines. Dans la semaine, cependant, j’ai profité de belles après-midis. J’ai éprouvé quelques difficultés dans les premiers jours à avancer dans mon dernier roman, Un Fléau venu d’ailleurs. Ma plume s’est pour ainsi dire déliée par la suite et j’ai bouclé quelques passages délicats, notamment une scène de rencontre que je voulais marquer d’une image puissante.

Je rappelle que ce roman constituera le deuxième volet de Metamorphosis. Le premier est disponible sur Amazon.

Revenir aux classiques

Pour mieux préparer certains passages, j’ai recopié hier plusieurs extraits de grands textes classiques. Je me perfectionne en étudiant les chefs-d’œuvre des grands, je m’en imprègne. Deux thèmes m’intéressaient tout particulièrement: le bouleversement du monde, avec une terre éventrée, et le caractère fugace et éphémère de la vie des hommes, que l’on compare aux feuilles des arbres. Je ne peux pas expliquer ce choix sans dévoiler l’intrigue de mon roman.

Je me suis donc replongé dans mes classiques, ai relu un peu de latin et de grec ancien. Pour moi, c’est toujours un immense plaisir et une source d’inspiration inépuisable.

Liste des extraits: Homère, Iliade chant XX,  Virgile, Enéide, chant VIII (pour le premier thème) et Iliade, chant VI, chant XXI, fragment de Mimnerme (pour le second). Je ne précise pas les vers – ce serait trop fastidieux. Voici quelques traductions ci-dessous.

La grande peur du dieu des Enfers

Au moment où les armées des Achéens et des Troyens vont s’affronter, on assiste à un bouleversement cosmique. Poséidon (Neptune) ébranle la terre, les montagnes vacillent, la ville de Troie est secouée, les nefs sur le rivage tanguent et…

Hadès ou Pluton, chez les Romains.

L’enfer s’émeut au bruit de Neptune en furie:
Pluton sort de son trône, il pâlit, il s’écrie:
Il a peur que ce dieu, dans cet affreux séjour,
D’un coup de son trident ne fasse entrer le jour,
Et, par le centre ouvert de la terre ébranlée,
Ne fasse voir du Styx la rive désolée:
Ne découvre aux vivants cet empire odieux,
Abhorré des mortels, et craint même des dieux.

(Traduction de Boileau)

Les vers du texte original sont bien plus puissants. Le décor est planté. Les deux armées vont s’affronter, et même les dieux! Prélude grandiose au duel d’Hector et d’Achille.

L’homme dans toute sa misère

Pour terminer, le fragment d’un poète lyrique grec, un certain Mimnerme. Poème élégiaque sur la brièveté de nos jours…

Pour nous, comme les feuilles que fait pousser le printemps, lorsque s’accroît l’éclat du soleil, semblables à elles, nous jouissons des fleurs de la jeunesse, sans avoir appris des dieux où est le bien où est le mal. Mais voici que les sombres Parques se présentent à nous, nous apportant une misérable vieillesse et la mort. Nous jouissons peu de temps de nos jeunes années, de même que le soleil brille peu de temps sur la terre. Aussitôt qu’elles sont terminées, il vaut mieux mourir sur le champ que de continuer à vivre. Car mille maux assiègent notre âme ; parfois nous sommes ruinés et en proie à une douloureuse pauvreté ; un autre a perdu ses enfants, et c’est accablé de chagrin qu’il quitte la terre pour descendre aux enfers. Un autre a une maladie qui lui ôte la raison. Il n’est pas un homme auquel Jupiter n’envoie mille maux.

(Traduction de Louis Humbert)

Constance Marie Charpentier, Mélancolie

Cette semaine, j’ai lu par ailleurs Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra. Vaste poème philosophique, religieux – à sa manière. Il y aurait beaucoup à dire sur l’œuvre et sur son auteur. Mais nous nous arrêterons là…

 

Auteur : Saurel

Jean-Sébastien Peyronnet. Né en 1980, je vis en Ardèche. Profession: auteur. Passionné d'écriture, de littérature et de philosophie.

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