L’écriture est un artisanat

Metamorphosis, mon prochain roman, est en train de prendre forme. Ces dernières semaines, j’ai repris résolument mes brouillons et me suis lancé aussi vite que possible dans un dernier jet, sur l’ordinateur. Plus que quelques chapitres, mais les plus délicats… Il s’agit de dénouer de manière élégante tous les nœuds de l’intrigue. Exercice périlleux!

Dans deux mois tout au plus, le roman devrait être prêt. Je dois encore reprendre le texte, le faire relire, concevoir une couverture… On croit avoir terminé et le gros du travail reste à faire.

En me promenant, j’ai pris deux photos que j’ai insérées dans cet article: des nuages et une fleur de pissenlit. Elles me rappellent deux auteurs très différents: Claude Levi-Strauss et Stephen King. Le premier, dans Tristes Tropiques, se lance  dans une description interminable de … nuages! Un exercice littéraire. S’il parvient à décrire avec minutie le ciel qu’il aperçoit, notre auteur pourra expliquer dans toutes leurs nuances les liens de parenté, les structures familiales des peuples qu’il étudie. Le second compare les adverbes à des fleurs de pissenlits. Qu’on en laisse pousser une sur la pelouse, voilà qui est charmant. Mais on est vite envahi. Les adverbes, comme les adjectifs, sont des mots qu’il faut utiliser avec parcimonie.

L’écriture est un artisanat. Le talent ou le génie importent peu. Ce qui compte, c’est le travail. On reprend sans cesse l’ouvrage, on lime, on époussette, on considère l’oeuvre avec un peu de recul, on reprend encore quelques défauts qui nous paraissent criants. On ajoute peu, on enlève beaucoup. Plus on avance et plus on s’exalte. Un petit quelque chose de nouveau est en train de naître.

Voici le petit texte que je consacre aux nuages de cet après-midi sur Instagram. Levi-Strauss s’étale sur plusieurs pages – il est intarissable – moi sur quelques lignes… Je fais ce que je peux!

« Un après-midi chargé d’orages. Il fait sombre soudain dans la pièce où l’on travaille. Le cœur se serre. Au-dehors, le contraste est saisissant entre les prairies riantes et le ciel aux reflets de métal. La terre exhale des bouffées d’air frais. Et un frisson vous saisit tandis qu’un roulement au loin se fait entendre. Avec un peu d’imagination, on distingue dans la forme des nuages des spectres qui planent au-dessus de nos têtes. Et maintenant, puissent les vents se lever! Et que les orages éclatent enfin! »

Auteur : Saurel

Jean-Sébastien Peyronnet. Né en 1980, je vis en Ardèche. Profession: auteur. Passionné d'écriture, de littérature et de philosophie.

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