Quelques fleurs de prunier

Les derniers chapitres de Metamorphosis, le journal de Saurel

Encore quelques chapitres et le premier tome de Metamorphosis se trouvera dans le disque dur de mon ordinateur. J’en suis toujours au dénouement dont je parlais la semaine dernière. Une scène de bataille m’a causé quelques difficultés, mais j’en suis venu à bout. Je dispose d’un premier jet sur des feuilles simples, que je simplifie ou sur lequel je brode. Sur un cahier, des notes. On remarquera que sa couleur a changé. Le précédent était bleu.

Je n’oublie pas le « journal » que j’ai promis à mes abonnés. J’ai déjà en tête le titre « Les amours de Saurel », le découpage en chapitres et quelques traits d’humour. A quoi ressemblera le texte final? Difficile à dire. Les projets littéraires évoluent tellement de leur conception à leur aboutissement!

Quelques contraintes néanmoins que je m’imposerai: toutes les amourettes devront être fictives – pour des raisons qu’on devinera aisément – si bien que mon travail n’aura de journal que le nom, pas de vulgarités, de l’humour et de la vivacité. J’aimerais même glisser à l’intérieur une petite pièce de théâtre, une saynète. Voilà qui fait beaucoup!

Mais, dans l’immédiat, je dois terminer mon roman. Je suis comme un coureur de fond: si je m’arrête,  je ne pourrai plus reprendre.

Un concentré de poésie

Le samedi, je prends quelque repos, me consacre à la lecture et publie sur les réseaux sociaux. Et puis je flâne en ces jours de printemps pluvieux, en quête de petits instants de grâce. En ce moment, les pruniers sont en fleurs et je me souviens de ma passion pour la poésie asiatique, il y a quinze ans. Je disposais alors d’anthologies que j’ai égarées.

Quelle finesse, quel sens de l’observation chez les poètes japonais ou chinois! En quelques mots ils captent un instant de beauté fugace et vous plongent dans un état de rêverie délicieux.

Je pensais alors, et pense encore, que ces poèmes offrent aux romanciers d’excellents titres de chapitre. Il s’agit de donner la teneur d’un développement dans une formule aussi dense que possible. Ils permettent en outre de gagner en concision et en netteté dans les parties descriptives, à suggérer plus qu’à montrer. Si l’on prend garde de ne pas s’égarer, on gagne toujours à s’ouvrir aux cultures étrangères.

Je terminerai sur un haïku de saison qui illustrera mieux la teneur de mon propos que de longues dissertations.

Les rais de la lune/ Et le parfum des pruniers/Qui flotte dans la nuit… (Yosa Buson, XVIIIe siècle)

 

Auteur : Saurel

Jean-Sébastien Peyronnet. Né en 1980, je vis en Ardèche. Profession: auteur. Passionné d'écriture, de littérature et de philosophie.

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