Mes phares (2): George R. R. Martin

Le Trône de fer de George Martin… Au départ, j’étais intéressé par la série, beaucoup moins par l’auteur. En voguant sur Internet, dans la petite chambre de gîte que je louais après ma séparation, j’avais découvert qu’il s’agissait de la meilleure série du moment. Le Trône de fer… On devait être en 2015 ou 16. J’avais alors assez d’argent pour acheter des DVD: je me suis procuré les deux premières saisons. Très vite, j’ai été conquis.

On m’a prêté les livres plus tard. J’ai lu les premiers tomes par curiosité, en me disant que je perdais mon temps, sachant que je connaissais déjà la trame du récit. On a beaucoup critiqué, et à juste titre, la traduction du Trône de fer. L’incipit est imbuvable, presque incompréhensible, une prose ampoulée, touffue, obscure. On entre dans l’histoire avec la découverte des louveteaux et l’arrivée des Baratheon à Winterfell. Les inimitiés de l’adolescence, on le sent, conduiront aux haines mortelles de l’âge adulte. Peu à peu, le récit s’étoffe, les personnages prennent vie et se dispersent. On assiste à la naissance d’un monde.

George Martin possède selon moi deux qualités essentielles et rares: la profusion et la capacité à donner à voir. Il est beaucoup d’auteurs qu’on pense pouvoir égaler en les lisant. On se dit qu’avec un peu de chance et de temps, on pourrait connaître le même succès. Mais parvenir comme Martin à créer une multitude de personnages bien individualisés, proposer des épisodes, des rebondissements, tous nouveaux, tous inattendus, là est le prodige… Comme dans Le Seigneur des anneaux, il y a des héros que l’on suit avec moins d’enthousiasme que d’autres. Mais que cela est bien agencé! On croyait lire un livre et on découvre un monde.

Second point.

Rien à voir avec la Terre du Milieu imaginée par Tolkien, et pourtant on rêve tout autant…

On croit visiter Port-Réal avec les Stark, et l’arrivée de Tyrion Lannister aux Eyriés donne lieu à des descriptions d’une vivacité extraordinaire, tout comme les délires de Bran, après la chute qui le prive de l’usage de ses jambes. On plane avec lui au-dessus des terres de Westeros…

Je dirai encore un mot de la profondeur historique de la saga. Le monde de George Martin a une géographie particulière, mais aussi une histoire dans laquelle on retrouve un peu du mur d’Hadrien, des envahisseurs huns ou mongols, de l’empire romain, des traditions endogamiques de l’Egypte ancienne et, bien sûr, du Moyen Âge, avec, plus précisément, la guerre des Deux-Roses. Mais tout cela retravaillé, fondu, remanié par l’imagination débordante de l’auteur.

Voilà tout ce que j’aime, et qui est si rare dans la Fantasy: l’originalité, le réalisme, la beauté des descriptions, la richesse historique, le souffle épique.

George Martin? Une source d’inspiration pour Saga des Sept Cités, un écrivain modèle!