Lectures estivales

D’ordinaire, les gens profitent des vacances pour bouquiner. Un bon roman… allongé sur une chaise longue, sous un arbre, un parasol, ou à la plage!… Moi, en juillet-août, je lis assez peu. J’écris. Comme à la Toussaint, à Noël ou à Pâques. Ce n’est qu’une fois retourné au travail que je prends le temps, et avec un certain soulagement, de me plonger dans des lectures diverses et variées.

Cette année, comme vous le savez, est un peu particulière. J’ai quitté mon poste d’enseignant et ai organisé mes semaines en trois jours de lecture et deux jours d’écriture. Il faut ajouter que j’ai revu des amis et participé à des apéritifs bien arrosés. On ne s’étonnera donc pas de ne voir qu’une dizaine de titres. On ne peut pas tout faire!

Voici donc une liste à peu près exhaustive, et vaguement organisée:

Les classiques

Joseph Kessel, Les Amants du Tage

Jean-Christophe Rufin, Globalia

Ne me demandez pas de quoi parlent ces deux romans: je ne les ai pas terminés. J’ai commencé l’un pendant le temps de préparation de mes élèves lors des oraux du bac et l’autre durant les surveillances des épreuves écrites. Oui, pour les profs, le bac, c’est le début des vacances… Pour ce qui est de Globalia, j’avais prévu de le faire lire à mes élèves de premières, puis y ai renoncé: la SF et la dystopie ne sont vraiment pas l’affaire d’académiciens comme le sieur Rufin. Si vous aimez cet auteur, contentez-vous du Grand Coeur.

Magie et sorcellerie

Jupiter Phaeton, Ryvenn (tomes 1 à 3)

Helen Harper, Ivy Wilde (tome 1)

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai découvert l’univers de Jupiter Phaeton, et plus généralement l’Urban Fantasy. J’ai rencontré cette auteure à succès au printemps et garde un merveilleux souvenir de la matinée où nous avons échangé au Starbucks de Versailles. Jupiter Phaeton est quelqu’un de simple, d’ouvert et de talentueux.

Helen Harper a beaucoup d’humour. Plus que jamais les sorcières sont à la mode! Mais, entre Ivy Wilde, le cannibalisme dans The Chilling adventures of Sabrina (une série américaine d’une qualité extraordinaire) et mes recherches sur les « fachinaïres » de Montpezat, qui pratiquaient leurs sabbats non loin de ma chaumière, j’ai fait une petite indigestion de magie et quelques cauchemars.

Érotisme

Non, je ne suis pas porté sur la chose, mais, avant de me lancer dans l’auto-édition, j’ai lu les numéros un des ventes. Et les hommes (ou, en l’occurrence, les femmes) étant ce qu’ils sont, le sexe fait vendre.

Aly M., Not a fuckin’ Romance

Virginie Despentes, King Kong théorie

Lily Haimes, Dix instants de toi

Tout ça, ce n’est pas ma tasse de thé. Avec Aly M., on plonge dans l’univers étrange et stéréotypé des fantasmes féminins (et on dira que seuls les hommes sont obsédés). Je lui reconnais une certaine verve et beaucoup d’humour, mais un roman me suffit. On m’a recommandé Virginie Despentes, la série Vernon Subutex et l’essai que je mentionne plus haut. Chacun ses goûts, chacun ses idées: je trouve cela vulgaire et faux à tous points de vue (viol, relation hommes femmes, prostitution, état de la société, etc.). Mention spéciale pour Lily Haimes. Sa nouvelle en forme de romance sur deux jeunes homos est absolument superbe. Alternance des narrateurs, analyses des sentiments, intensité émotionnelle… du grand art!

Insectes

Jules Michelet, L’Insecte

Bernard Werber, La Trilogie des fourmis

Jacques Kalahoui, La religion et les mantes religieuses

Les insectes… Ma nouvelle passion et le roman sur lequel je travaille. Cet été, j’ai essayé de lire tout ce que je pouvais sur le sujet. En premier lieu, j’ai pensé au Jour des fourmis que m’avait prêté une prof de SVT en cinquième. Je l’avais dévoré en quelques jours. Et je l’ai relu avec plaisir sous mon érable. Même si l’oeuvre présente selon moi d’énormes invraisemblances, le jeune Werber a du style et le sens du récit. Ce sont des épisodes courts où alternent intrigues chez les humains et les hommes, le tout agrémenté d’extraits de l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu (titre pour le moins prétentieux). L’auteur aurait dû s’arrêter là. Les deux autres volumes se lisent vite et sont riches en suspense et rebondissements, mais sombrent dans l’absurdité la plus totale. A se vouloir profond et dérangeant, on finit par être ridicule.

L’oeuvre de Michelet, comme les Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre, fleure bon le XIXe siècle. C’est un texte à la fois savant et littéraire, regorgeant de comparaisons, de métaphores et de références culturelles. L’auteur projette sur les insectes ses passions d’historien et d’humaniste, fait preuve pour eux d’un intérêt et même d’une affection qui ont de quoi surprendre.

Pour la dernière oeuvre, je préfère me taire. Si vous en avez le courage, vous vous ferez votre propre opinion.

Pompiers

Charlotte Monnier, Pompiers, rêves interdits

Comme pour les insectes, j’ai mené des recherches sur les pompiers qui doivent me servir dans mon futur roman, et je suis tombé sur cet ebook. C’est du travail d’amateur, avec des personnages caricaturaux, un style maladroit et un récit assez convenu. Mais Charlotte Monnier écrit avec son cœur et la force émotionnelle qu’elle a su insuffler dans cette série explique son succès, amplement mérité.

Un polar et un thriller

Enzo Bartoli, Six mois à tuer

Je ne m’étendrai pas sur ce roman auquel j’ai consacré un petit article. Je m’attendais un polar avec pour héros un justicier à la sauce gauchisante et j’ai eu l’agréable surprise de découvrir un Breaking bad à la française. Je ne vous en dis pas plus. Lisez-le!

Caroline Vermalle, Sixtine

Là encore, je vous renvoie à ma chronique sur cette trilogie pour le moins originale. Dans mon appréciation, je serai un peu plus mitigé que pour le roman policier de Bartoli. Sixtine, pour moi, n’est pas sans faiblesses.

Alors, dans tout ça, qu’est-ce que j’ai préféré? me demanderez-vous.

Six mois à tuer et Dix instants de toi, deux œuvres de facture, de style et de genre bien différents, mais d’auteurs aussi brillants l’un que l’autre.