Derrière la tranquillité des nuits

L’agitation dans l’infiniment petit

Tout est tellement calme! Un instant, je m’arrête d’écrire et contemple ma chambre.

Quoique tranquille en apparence, mes draps et le parquet, que j’ai balayé ce matin, grouillent de vie. Des acariens plus monstrueux que les dinosaures du Jurassique se meuvent dans une jungle inextricable. Qu’on les considère de plus près: ces êtres sont des cellules, elles-mêmes constituées de molécules complexes. Un nouvel univers se déploie. Des électrons jaillissent et disparaissent en un nuage diffus autour de protons et de neutrons que forment les quarks. Et, selon les théories les plus audacieuses, la vibration de cordelettes dans des dimensions enroulées pourraient produire ces particules élémentaires.

Les objets de ma chambre résulteraient d’une symphonie de l’infime.

Le déploiement des univers

Je pose mon stylo, regroupe mes feuilles et décide de prendre l’air. Pas un souffle. Tout dort. Les branches des arbres m’invitent à regarder la lune et les étoiles, immobiles dans le ciel.

Andromède, la galaxie la plus proche de la Voie Lactée, notre galaxie.
Andromède, la galaxie la plus proche de la Voie Lactée, notre galaxie.

Et pourtant, sous mes pieds, la Terre, dans sa rotation, se hâte de ramener le jour. Elle est emportée autour du soleil, une étoile de taille moyenne, à la périphérie d’un amas d’autres étoiles. Une spirale dont un bras traverse le firmament, et qui s’enfle en son centre, aspirée par d’immenses trous noirs.

Combien de galaxies qui s’éloignent, portées par le souffle d’une explosion?Un espace-temps qui s’est ouvert soudain, à partir d’un point aussi infime que les particules évoquées tout à l’heure. Et qui sait si l’une d’elle ne naît pas au sein de chaque trou noir? Si bien que l’univers pris dans son ensemble serait l’éclosion sans fin de nouveaux univers…

Je préfère revenir à cette nuit hivernale. L’agitation de l’infime et les mouvements qui nous emportent malgré nous dans les espaces vides et glacés me laissent perplexe, et m’effraie…