La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero (tome1)

Aujourd’hui, je vous présente un livre que ma fille m’a permis de découvrir. Avant de commencer, il me faut lui rendre ce qui lui appartient : c’est elle, grâce à ses remarques pleines de bon sens, qui m’a permis d’écrire ce modeste compte rendu. Des centaines de bisous à Wondergirl !

L’ennui au quotidien

Comme dans de nombreux romans « jeunesse », on distingue deux mondes dans La Quête d’Ewilan : celui où vit le héros au début du récit et celui dans lequel il va se retrouver.

Le premier est celui de l’ennui et de l’insatisfaction. Le quotidien dans sa banalité la plus affligeante. Camille, l’héroïne, est une élève surdouée qui s’efforce de paraître « normale » pour ne pas contrarier ses enseignants. Elle supporte des heures de cours interminables. Elle n’est pas persécutée comme Harry Potter, mais sa famille adoptive, très collet monté, ne lui apporte ni amour, ni même attention. Au sein de ce monde, l’auteur introduit une nouvelle subdivision : la maison cossue de la jeune fille et la cité où vit Salim, son meilleur ami. S’ils viennent de milieux très différents, les deux adolescents se sentent tous deux rejetés par leur famille. Ils sont à part et, par là même, trouvent du réconfort l’un auprès de l’autre.

Un drôle de duo

Il faut bien reconnaître que Camille, en réalité Ewilan, a un caractère bien à elle. Certains apprécieront sa répartie, d’autres pourraient la trouver très agaçante. Si ce n’est à cause de ses yeux magnifiques, on se demande bien pourquoi Salim se laisse traiter comme un moins que rien et lui obéit au doigt et à l’œil. Ma fille m’assure qu’il jouera un grand rôle par la suite. Mais, dans ce premier tome, il est sans cesse rabroué et ne sert guère qu’à mettre en valeur, par sa naïveté, l’intelligence et l’esprit d’initiative de l’héroïne. Les rapports entre les personnages me paraissent fortement déséquilibrés et, quand on sait que l’une est blonde et l’autre « de couleur », on pourrait trouver l’œuvre quelque peu raciste, quoique cela soit involontaire.

La magie et l’aventure

Comme dans la plupart des romans du genre, le surnaturel fait irruption dans la banalité du quotidien et entraîne nos personnages à Gwendalavir, le second monde, celui de l’aventure et de la magie. Camille en apprend davantage sur ses origines et son identité. Sur sa route, de redoutables guerriers vont la protéger, un érudit lui permettre de mieux exploiter ses pouvoirs. D’autres vont tout faire pour l’éliminer. Ce sont les Ts’liches, créatures effrayantes, et des assassins furtifs. Les adjuvants et les opposants, une constante du conte et de la littérature « jeunesse ».

La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero (tome 1)

La nature de la magie et des pouvoirs de l’héroïne ne manque pas d’originalité. Après Poudlard, il fallait bien explorer de nouvelles pistes, innover. L’univers de l’auteur est assez élaboré, les personnages plutôt bien définis, mais on est loin du talent d’un Tolkien ou de la profusion extraordinaire d’un George Martin. Ces derniers ont un souffle, une imagination puissante, que Bottero ne possède que dans une moindre mesure. Ce qui me déplaît le plus dans ce type de littérature – on excusera ma franchise – , c’est la simplicité et le caractère factice des décors. Que cela ne nous fasse pas oublier, cependant, les qualités rares et indéniables de l’auteur, à savoir sa plume et la vivacité de son récit. Tout ce que j’aime et admire en la matière. C’est nerveux, enlevé. On se laisse emporter et l’histoire ne comporte pas de temps morts.

Petite dédicace

J’en resterai là. La Quête d’Ewilan est un classique, une œuvre qui vaut le détour. Elle possède une vertu rare : réunir autour d’une histoire grands et petits, un père et sa fille. J’ai dit des centaines… non !… des milliers de bisous à Wondergirl, la si bien nommée, pour m’avoir permis de lire et d’apprécier ce roman, pour m’avoir fait part de ses remarques ô combien précieuses !